La paie est là... la CB chauffe.

Publié le par Rédaction de kenose.com

Je consulte mon compte en banque sur le net. La paie est bien là.

 

 

Certes je ne gagne pas encore des sommes mirifiques, à peine supérieures à la moyenne. Mais je vous assure que j’excelle dans l’usage de la carte Premier comme le meilleur de tous les clients (c’est un euphémisme et un terme politiquement correct ; en réalité, je suis le meilleur pigeon (ou le plus grand con) de toute mon agence bancaire.) C’est simple : tout m’attire ! Fringues de marque, bijoux, parfumerie et cosmétiques, décorations d’intérieur, les séances de massage (pourtant je n’ai aucun doute sur mon hétérosexualité), j’aime aussi les gadgets soit disant « high-tech », les vins et champagnes grands crus, les bonnes adresses et parfois Dieu m’en garde la bonne coke… et plouf ! Factures sur factures… J’ai renoncé à prendre mes factures sur papier par pitié pour les arbres qu’ils doivent abattre pour me les éditer. Je vous dis cela avec légèreté mais vous savez c’est très long le temps qu’il s’écoule avant qu’une carte Premier s’arrête de fonctionner. Pourquoi la garder alors ? Parce que tout est fait pour que vous ne vous en sépariez pas et surtout pour que vous l’utilisiez le plus souvent possible. Par exemple, ça coûte plus de 18 euros par mois. Il faut bien les rentabiliser ces 18 euros ! Puis perdre la carte Premier, c’est reculer socialement. Voilà comment nous sommes conditionnés. Ceux qui ont ce type de carte bleu le savent.

 

 

Croyez-moi, beaucoup de jeunes actifs qui affichent leurs signes extérieurs de richesse (dernier scooter 600cm3, puis l’Audi le week-end, et en plus ils viennent de se marier et d’acheter une maison…) n’ont pas plus d’un radis qui leur appartienne réellement.

 

 

Très bien c’est dit ! J’apprends à ne pas être envieux, à ne pas convoiter ce que les autres ont, c’est dans le Décalogue. Mais comment croyez-vous que ces personnes financent leurs dépenses ? En prêts, en réserve d’argent revolving, en chèques tiroirs, en « petits crédits » cb/rib, puis en droit de découvert au montant et nombre de jours autorisés négociés suivant le salaire et le statut social.

 

 

Il me vient alors à l’esprit la réflexion sur les trésors que nous voulons accumuler ici-bas et qui, nous dit l’Evangile, seront mangés par les mites. Prenons le temps entre deux achats compulsifs de travailler à notre capital céleste simplement en nous demandant comment Celui qui a donné sa vie par Amour pour nous voudrait que l’on se conduise lors d’une rencontre, avec nos proches, avec nos collègues de travail, avec cet autre que l’on doit aimer comme on s’aime soi-même.

 

 

Je finirai cet article en priant pour les jeunes conseillers financiers afin qu’ils fassent preuve de discernement ; afin que la pression des résultats ne les conduisent pas à surendetter les gens suivant leurs désirs autodestructeurs ; afin qu’ils fassent preuve d’humanité pour les familles réellement dans le besoin à la suite d’un événement dramatique. Puis prions pour tout ceux qui derrière les apparats sont régulièrement rappelés à l’ordre pour honorer leurs dettes ; prions  pour calmer nos frénésies de consommation. Prions pour ceux qui ne n’ont rien et que l’on insulte par nos agissements indignes. Si seulement j’avais le courage de me dépouiller autrement qu’en claquant mon fric pour des conneries.

 

 

Que Dieu nous fasse miséricorde, qu’il nous pardonne nos péchés et nous conduisent à la vie éternelle. Ainsi ce serait beaucoup trop facile mais changer demande du temps et de la persévérance alors tâchons déjà d’être sur le chemin de Dieu et implorons son aide pour nous guider.                 

 

 

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Publié dans Chroniques...

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