La déferlante du Poker en France.
Le Poker se démocratise en France… plutôt contre.
Combien de fois les chroniqueurs de kenose.com se sont retrouvés autrefois autour d’une table de Poker. Nous connaissions déjà bien les règles texanes du Poker avant que Canal+ s’en mêle avec Patrick Bruel qui il est vrai a été champion du monde. Il a su se faire une part belle avec la déferlante du Texas hold’em en France et son dvd sur le sujet s’est vendu comme du petit pain pour les fêtes de Noël. Il était très excitant, à l’époque, de fumer son cigare, de sortir le rouleau de billets de ses poches, accroché par une belle pince en argent, sculptée de son symbole fétiche (c’était encore des francs, c’était plus impressionnant qu’avec des euros). Les lignes de coke étaient déjà toutes préparées pour ne pas troubler les joueurs durant la partie, il suffisait seulement de rouler un billet pour en faire ta paille et de te servir pour prendre la Fusée en diagonale. C’était cette coke qui t’anesthésie la mâchoire et te délivre une cascade de dopamine dès les premiers traits, pas celle que les « jeunes » (merde, je n’ai jamais que trente ans) touchent aujourd’hui et que je ne snifferais même pas si on m’en offre une callasse de dix grammes (ce qui est partiellement faux puisque je me suis laissé entraîner dans un guet-apens ce week-end ; un peu d’honnêteté ça ne fait que du bien, mais que c’était de la daube et à 60 euros le 0.8 gramme !!! Ce qui me rappelle que les stups ont la fâcheuses tendance à serrer les consommateurs qui sont doublement pénalisés d’abord parce qu’ils se sont faits avoir par le dealer, puis il passe chez Monsieur le Procureur, il voit les perspectives le leur avenir avec la honte collé au coeur et enfin il se retrouve chez un psy qui ne sait même pas qu’on peut trouver de la coke en poudre jaune. Vous ne saviez pas non plus, avouez-le. La coke jaune c’est un peu le Krug pour grosse fortune, pour ceux qui sont amateurs de champagne, de la cocaïne. Ce produit serait la seule raison qui me ferait aller aux Caraïbes.) Mais revenons au terre-à-terre. Je disais donc… Puis les verres dégagent des aromes de vieux rhum ou de bourbon. Un trait, un verre, une bouffée lourde de cubaine, tu mises et tu entres dans le jeu. Tu observes les gens que tu dois tomber, tu cherches le plus faible comme un prédateur. Tu caresses tes cartes, ton visage reste impassible que tu aies un bon ou un mauvais jeu. Tu t’en fous, tu joues le fric que tes vieux t’ont alloué (à cette époque j’étais normalement en prépa HEC. Mes parents me voyaient à terme dans l’administration consulaire aux affaires étrangères. Permettez-moi de prier afin qu’il ne m’en veuille plus d’avoir dilapidé leur argent en me défonçant la gueule comme une merde. Mais c’est mon Histoire et elle n’est pas moins intéressante ou valorisante qu’une autre. Cf. article « Habiter son histoire ») Puis tu étales tes dons de menteur, de manipulateur, d’entremetteur : c’est là que ça ne va vraiment plus. Mais il faut avoir été un guerrier avant de devenir un sage. Tout le monde le sait. Aujourd’hui, nous voyons autour de nous des ami(e)s qui organisent des tables chaque semaines. Pour avoir seulement assisté comme spectateur à quelques parties, il faut avouer que le niveau de jeu a réellement augmenté, les joueurs sont plus tacticiens qu’autrefois. Merci Canal, merci Patriiiick ! (Il ne manquait plus que ça.) Mais là où le bas blesse c’est que c’est un jeu qui n’est basé que sur le mensonge pour gagner du fric. Tu as un bon jeu du dois mentir pour faire croire que tu n’en as pas et inversement si tu as un mauvais jeu. Dans tous les cas pour prendre le plus de pognon possible il faut qu’on te suive dans ta magouille. La convivialité qui semble se dégager de la soirée est complètement artificielle. Il faut bien sauver les apparences. Le bon perdant est rempli d’amertume et le gagnant ivre d’orgueil, les poches bien plus remplies qu’en début de soirée. C’est pour cette raison que nous pensons que le Poker n’est pas un jeu qui doit se pratiquer entre amis. Y a-t-il un réel plaisir à se plumer entre amis ? On va me dire : nous jouons des sommes symboliques. Mais c’est faux ! Les gains vont croissants et donc les mises et les pertes aussi. Alors avant que de vous fâcher avec un ou une amie parce que vous lui avait pris 150 euros en une soirée, réfléchissez à ce qui prévaut. Mais si vous êtes encore à « l’âge guerrier », alors vivez votre Histoire. Viendra un jour où vous trouverez ces attitudes immorales. Je ne parle que de ce que j’ai connu et de ce que je connais, je ne me permets pas de parler de ce qui m’est inconnu sauf du mystère de la Sainte Trinité mais ça ne regarde que moi et ceux qui veulent bien m’écouter. Conclusion : le Poker, plutôt contre ! Dernier conseil, si je puis me permettre : n’entre jamais à une table où on t’as invité alors que tu ne connais presque personne et ne te laisses pas aspirer par les sites dédiés aux jeux d’argent en refilant ta carte bleue. La rédaction de kenose.com