Sortir de l'engrenage de la coke : mes confessions.
Comment voulez-vous retrouver le goût de vivre lorsque vous êtes dépressif depuis l’enfance (reconnu à 100% par le médecin de l'Assurance maladie et estampillé sur la carte vitale des initiales "ald" qui signifient affection de longue durée pour ceux qui ne connaissent pas), lorsque vous êtes cocaïnomane, accro aux dépenses compulsives, aux call-girls de luxe (gain de temps en matière d’approche et pas de réticence sur la prise de coke), au champagne, complètement alcoolique et anorexique de fait à cause de la coke… Super ! Bienvenue dans mes tourments. Je ne me prive de rien, je connais par cœur tous les hôtels de ma ville et de Paris du plus standard au plus « in », les commerçants et restaurateurs m’appellent par mon nom dès mon apparition, certain en sont venus à me tutoyer comme si j’étais l’un de leur cousin ou que sais-je alors que ce qui les fait bander c’est lorsque j’ouvre mon portefeuille de voir mes cartes bleues rutilantes et toujours actives et quelques centaines d’euros qui débordent. Après tout, ça me fait bander aussi ! C’est ça que d’être un flambeur. L’envers du décor : harcelé par les banques et les autres établissements de crédit pour retard de paiement, harcelé par l’Assurance maladie car je coûte trop cher au contribuable (et ce que je claque alors ?! Ca ne fait pas tourner le consumérisme de ce monde de merde, et mes impôts ?!), harcelé par son patron et le siège parisien pour trouver une faille afin de décider d’un licenciement pour répétition d’arrêt maladie… Là, ils vont avoir du mal car je suis surprotégé en matière juridique. J’ai eu la bonne idée de prendre des assurances privés en cas problème m’amenant devant n’importe qu’elle juridiction y compris les prud’hommes. Les ami(e)s ? Je suis parti bien trop loin pour eux. Pour certain, je suis irrécupérable. Ils ont peut-être raison. Pour d’autre, j’ai une volonté de me suicider à petit feu. C’est amusant comme chacun croit avoir son diplôme de psy en poche. Les premières choses qu’un psy t’apprends (quand tu en as trouvé un qui ne te prescrit pas plus de drogues que tu n’en consommes déjà mais qui travaille réellement sur les causes en prenant sur lui qu’il y a des fois où tu débarques dans son cabinet sous coke ! Tu ne vas pas te mettre à calculer : « merde, demain j’ai rendez-vous avec le psy alors je vais rester clean ». Ta « maladie » n’est pas optionnelle, elle fait partie intégrante de ton être), je disais donc que la base c’est d’apprendre à te respecter, à ne pas te charger de jugements sévères issus de ton imagination sous prétexte que tu veux devenir clean, que tu n’as plus de pognon, que tu ne peux plus avoir de d’érection sans coke et surtout à ne pas écouter ce que les gens pensent de ton attitude. Neuf fois sur dix, on va te dire une connerie que tu vas gamberger et te mener à te défoncer encore plus. Ca ne marche pas les coups du genre, je t’aime alors je te bouscule pour que tu te motives : c’est une grosse connerie. Ca ne fait qu’aggraver les choses. C’est dans ta tête que ça se passe ! Tu n’as pas à te confier (si ce n’est à ton thérapeute où comme moi à un « directeur spirituel » si tu es religieux), tu n’as pas à te justifier, moins t’en diras à ton entourage moins tu entendras des feedbacks de psy du dimanche, ton histoire aussi misérable que tu la trouves est une histoire sacrée simplement parce que la vie est sacrée. N’oublie jamais ça. La petite amie ? La dernière, avec qui nous avions déjà imaginé le prénom de nos enfants, m’a envoyé devant un procureur ! Pourquoi ? Parce qu’elle était déjà mariée et qu’elle a choisi de revenir vers son mari suppliant à chaudes larmes de crocodile qu’elle revienne, parce que ces parents sont racistes comme on n’en fait plus et que j’ai un peu de sang asiatique qui coule dans mes veines, parce qu’elle avait un doctorat de droit civil et qu’elle s’avait qu’une simple plainte pour harcèlement retirée quinze jours après aller m’envoyer devant un procureur. Et oui, j’ai été poursuivi par le ministère public alors qu’il n’y avait plus de plainte. Résultats ? Je vous l’ai dit, j’ai de bons avocats. Sauf qu’à cette époque j’en étais de ma poche. En réalité, elle avait vraiment peur de ce que j’étais capable de faire. Que Dieu continue de m’aider à lui pardonner le mal qu’elle m’a fait. J’ai eu quelques aventures depuis mais je suis tellement défoncé que je n’attire que des défoncées. Donc, deuxième élément qu’un bon psy doit t’enseigner c’est de respecter ta solitude et d’en apprécier les bienfaits. C’est te retrouver face à toi-même donc face à la seule personne qui peut réellement te sauver. Mon expérience tristement longue me permet aujourd’hui de savoir apprécier d’être confronté à moi-même mais lorsqu’on est débutant c’est contre la folie qu’on lutte. Ca fout une trouille bleue d’être face à soi-même ! Si tu veux que je continue de te parler de mes histoires sur la coke fait moi le savoir, j’écrirai d’autres articles… Oui, j’étais « guéri », j’ai replongé, je reprends un peu de courage, j’ai besoin de crier le danger qui guette les jeunes travailleurs qui côtoient des milieux aisés où la coke est un produit « branché » (j’ai horreur de cet adjectif). En France, on est champion en fumette. Je m’en fous comme beaucoup de « vrai cocaïnomane », je n’aime pas la fumette. Ca me casse ma montée de dopamine. Mais lorsqu’on prendra conscience de la quantité de coke qui circule et de la catégorie sociale de la population qui la consomme j’espère qu’il ne sera pas trop tard. Je rappelle encore ici l’incompétence totale des médecins Français pour gérer les problèmes de cocaïne. Je ne vais pas vous saouler avec une prière pour clôturer cet article, je la fais au fond de mon cœur.
Cet article ne fait pas l’unanimité au sein de la rédac de ce blog. J’en suis le co-fondateur ce qui me donne quelques privilèges mais par respect pour l’équipe, il fallait que je le précise aux lecteurs.