Vivre avec un acheteur compulsif : la suite.

Publié le par La Rédaction de kenose.com

J’étais éreintée hier, je n’ai reçu que des clients difficiles toute la journée. Je n’avais qu’une seule envie c’était de retrouver mon chéri. Je sais qu’il aurait voulu voir le match de l’OM avec ses canailles d’amis mais il ne le fera pas. Je ne me fais pas d’illusion. Il ne le fait pas que pour mes beaux yeux mais il sait bien qu’avec son groupe d’amis ça peut rapidement dégénérer en soirée coke. Il ne s’est pas encore remis de ce qu’il a bu et sniffer ce week-end profitant de mon absence pour transformer notre maison en repère de toxico à col blanc. J’entends la sonnette de la porte qui s’ouvre. C’est une sonnette qui te signale que quelqu’un est entré quand l’alarme n’est pas activée. Ca ne peut être que lui. En plus, je meurs de faim. En fait, il m’est interdit de faire la cuisine car comme il le dit si bien : ce n’est pas un hasard si les plus grands chefs sont des hommes. La cuisine : c’est sa partie de la maison dans laquelle je n’ai le droit que de regarder, d’ouvrir le frigo, de sortir la vaisselle du lave-vaisselle. Et encore si je ne remets pas ses ustensiles aux endroits où il a l’habitude de les prendre pendant qu’il cuisine c’est la moue assurée. Je dois dire qu’il cuisine vraiment bien. Il a toujours des produits frais, de qualités et il utilise très peu de matière grasse. Il a en plus, près du lavabo, ses petites plantations d’herbes aromatiques sous une lampe design, à sodium, de faible puissance, qu’il a payé une fortune. Eh oui ! Je suis une femme qui se fait nourrir ! Il m’appelle. J’avais allumé des bougies parfumées et mis une musique relaxante. Je ne dis pas « zen » sans quoi je me ferais engueuler et recevrais une leçon de catéchisme durant une heure. Il me retrouve étalée sur le divan. Petit câlin, il comprend que ma journée a été difficile. La sienne aussi probablement mais il n’en parle jamais. Il me demande ce qui s’est passé. Il retire la veste de son costard, relève ses manches. Il a une expression du visage que je connais par cœur. Je me lève sans rien dire et me dirige vers la porte d’entrée. J’y trouve un énorme sac de la Fnac. Je crains le pire. Il m’attrape par le bras, me porte dans les siens et me ramène sur le divan.

 

-          J’avais mon dernier rendez-vous près de la Fnac et je suis allé y faire un tour puis j’ai trouvé un truc sympa et…

 

-          A voir la taille du sac, tu n’as pas acheté un livre, le coupais-je

 

-          J’ai quelques cd et quelques bouquins mais j’ai surtout pris une console de jeu.

 

-          Il y a quelques mois tu as acheté un deuxième écran plat en disant qu’il y avait une technologie plus avancée, tu as acheté deux écrans plats en trois mois et je ne vois aucune différence sauf que la seconde est encore plus grande… Combien ?

 

-          Un peu plus de 800 euros.

 

-          Qu’est-ce que tu vas faire d’une console de jeu à 800 euros ? A trente ans…

 

Il avait sa tête de coupable, moi l’estomac dans les talons. Il s’est mis à la cuisine, j’ai mis la table. Il a rajouté une chandelle bénite sur la table et une rose rouge qu’il a sortie de son sac de la Fnac. Il a remercié le Christ et la Vierge Marie de chaque seconde qu’il a pu vivre de bien comme de mal pour apprendre chaque jour à perfectionner son Amour de Dieu, debout comme il le fait depuis plusieurs mois. En filigrane, il prie aussi pour que Dieu nous pardonne de vivre dans une union « illégitime » aux yeux de l’Eglise. Nous avons dîné sans voix, simplement avec une musique douce. Nous avons bu un grand verre de vin, la cuisine était encore splendide. L’amour que j’ai pour lui me pousse à lui dire :

 

-          Alors, on l’essaie cette console ?

 

Je crus voir un enfant que se délecte de son tout nouveau jouet. Il était plutôt mignon ce môme capricieux et gâté. Il a tout déballé, tout installé. Il a vanté sa super PS3. Il y en avait certainement pour près de 1000 euros parce qu'il n'a pas pu s'empêcher d'acheter plusieurs jeux. Il a mis un jeu de tennis. Je me suis laissée prendre au jeu. Je sais qu’il en a certainement parlé à son psy qui a du consentir à cet achat à condition que… Et il est certainement allé dans une Eglise au cours de la journée… A suivre.

 

C’est étrange de se dire qu’il va lire cette chronique puisqu’il est lui-même chroniqueur de ce petit blog.

 

Je ne suis pas douée pour les oraisons jaculatoires, il y a quelques mois je ne savais même pas ce que ça voulait dire, mais cela fait parti de la chartre de kenose.com alors je vais simplement dire : Que la Vierge Marie, Mère de Dieu, nous prenne sous sa protection et qu’Elle nous soutienne dans les épreuves que nous avons à vivre. Qu’Elle ne nous tienne pas rigueur, de notre vie commune qui est partage par amour des qualités et des défauts de l’un et de l’autre, mais surtout qu’Elle ne nous tienne pas rigueur de ce que nous dépensons en futilité alors que d’autres n’ont rien, ni toit, ni de quoi se nourrir.  

 

 

La rédac de kenose.com  

 

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Publié dans Chroniques...

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