Quelques solutions pour se sauver des achats compulsifs.
Parce que vous êtes nombreux à demander comment nous essayons de nous sortir des achats compulsifs, nous allons reprendre un peu le sujet. Dans la rédac de kenose.com, il y a deux chroniqueurs particulièrement victimes de cette maladie. Je vais parler ici en nom personnel parce que chaque cas est différent même s’il existe des points de convergence comme dans tous les vices de ce monde. Mon cas est le suivant : je suis né dans une famille privilégiée ; elle a connu une première faillite, je l’ai vécu de l’âge de sept à dix ans, nous vivions dans un taudis dans le 6ième à Marseille. Vers le début de mes onze ans, mes parents ont fait un bond spectaculaire. Le foyer est passé de 4000 francs pour quatre personnes à environ 15 000 puis, à mon adolescence, à pratiquement 50 000 francs. A quinze ans, j’avais le Pascal pour argent de poche toutes les semaines. Je ne manquais de rien et organisais souvent des virés entre potes et petites copines à mes frais. Qui plus est, l’un de mes amis d’enfance avait un père qui était multimillionnaire. Cet ami est en milieu hospitalier à cause de la cocaïne, et complètement schizophrène depuis le décès de son père au cours d’un accident de la route dans une Corvette de plusieurs millions de francs dont cet ami était conducteur. Imaginez qu’il est héritier de plusieurs millions, qu’il est schizo niveau maxi avec un traitement à vie et en plus il parvient à se faire livrer de la coke à la clinique ! Ca donne à relativiser sur la vie, n’est-ce pas ? Le fait de se rendre coupable de la mort de son père l’a détruit. Il n’y a pas eu de résilience, il a craqué pour toujours. Que Dieu lui donne la Paix. Puis vers l’age de vingt ans, mon père parvenait à rentrer près de 15000 euros par mois. Puis, un nouveau malheur s’est produit est nous avons connu une seconde faillite qui nous a laissé cette fois-ci sur le carreau. Comme quoi, le fric ça va et ça vient. Dieu merci, toute ma famille est en bonne santé et quelque part plus unie que jamais ! J’ai quitté tôt le logement familial, je gagne bien ma vie même si autrefois en plus de mon salaire mon père me donnait l’équivalent. Comment ne pas péter un plomb lorsque l’on a autant de fric à la fin de chaque mois et que l’on a à peine 22 ans. Si je n’étais pas aussi con, je serai, aujourd’hui à un peu plus de trente, déjà propriétaire d’un bien immobilier sans passer par la case crédit. A la fin de l’année 2006 en 4 mois, j’ai dépensé 20 000 euros en objets anciens, en livres anciens, en sorties, en voyage, en fringues, en cadeaux de Noël… Si l’on pousse le raisonnement, je reproduis chez moi, la faillite de mes parents non pas par des erreurs de gestion très complexes mais par une simple dilapidation de mon fric. Aujourd’hui, je me suis mis sous la tutelle d’un ami qui m’est très proche car je sais que je suis capable d’un suicide social. Il est là pour me dissuader d’acheter ceci ou cela. Je surveille mes comptes chaque jour pour vérifier que ce qui a été dépensé la veille était justifié. Ca, c’était inconcevable il y a quelques années en arrière. L’argent brûle littéralement entre mes mains. J’ai toujours des excuses dans le genre : « Après tout, je peux mourir demain… », « A quoi bon économiser… », « Je trime pour gagner ma vie, les impôts m’explosent et en plus il faudrait que je restreigne mes dépenses, jamais ! » Alors ? Je claque sans compter. Il faut donc réapprendre à faire la part des choses. Qu’est-ce qui a vraiment de la valeur ? Ma première réponse fut le spirituel plutôt que le temporel. C’est une chance pour moi car le spirituel m’empêche souvent de faire une chose que je vais regretter par la suite. Mais si vous ne croyez qu’en vous ce qui suit vous intéressera également. Plutôt que de payer des fortunes pour aller dans un resto. Je privilégie les repas entre amis, à la maison, ce qui en plus de me permettre de dépenser un peu d’argent chez les petits commerçants pour les ingrédients, me permets de montrer mes talents de cuistot. Je réapprends à aimer rester chez moi où j’ai tout le confort moderne. Qu’est-ce qu’il me faut chez moi ? Beaucoup de matériel de haute technologie pour assurer le divertissement et beaucoup de livre pour la culture. Il faut évidemment éviter les grandes galeries marchandes parce que là, c’est la gaffe assurée ! Faire attention au fait qu’avec Internet on peut tout se faire livrer. En réalité, cela n’a pas de prise sur moi car j’aime le contact avec les vendeurs. Me renseigner longuement sur ce que je vais acheter, ça m’excite de mettre les vendeurs à l’épreuve puis de leur en apprendre un peu plus sur ce qu’ils vendent ! Puis d’avoir le maximum de remise. C’est simple, je vais tellement claquer qu’une contrariété leur ferait perdre une énorme vente en un coup. Alors, j’ai souvent des 10 à 15% automatique. Encore un autre vice que tous les acheteurs compulsifs n’ont pas ! J’aime que l’on me déroule le tapis rouge dans toutes les boutiques où m’a tête est reconnue immédiatement. Je ne patiente pratiquement jamais quand j’entre dans une boutique et c’est souvent le responsable de la boutique qui s’occupe de me saigner à vif. En terme de voyage, j’ai essayé de limiter mes déplacements touristiques à ma belle région PACA mais c’est toujours la même histoire que ce soit ici où ailleurs ! Hôtel de luxe etc. C’est là qu’intervient à nouveau l’envie de rester chez soi. Un conseil primordial : si vous devez sortir prenez uniquement une somme en liquide. Cette somme devra être raisonnable. Je rappelle que depuis les euros, la pince à billet ne sert plus à rien. Il faut être très vigilent pour les possesseurs de Gold, de Premier, d’Infinite ou de Platine. Toutes ces cartes qui sont faites pour devenir un acheteur compulsif. Il faut identifier où votre fric est envoyé. Montres, bijoux, fringues… les classiques du commerce actuel mais qui atteignent rapidement des sommes considérables. Supprimer toutes les attitudes de collectionneurs par exemple en qui me concerne j’ai trop de montres et me voit mal en mettre plusieurs au poignet. Nous vivons tous au-dessus de nos moyens alors qu’aucun d’entre nous n’est millionnaire. Tu gagnes 3000 euros, tu auras tendance à en dépenser 4500. Aujourd’hui, je rembourse. Je suis arrivé à un stade où j’ai quatre à cinq CB, je ne sais même plus, qui sont muettes par manque de provision. Je vous épargne les détails… Pour résumer, il y a deux façons de vivre : se priver pour avoir de l’argent plus tard. J’ai beau y réfléchir ça ne me convainc pas ! Ou alors vivre dans le tout, tout de suite et là t’as intérêt à être en très bons termes avec tes créanciers. Car une fois les ressources épuisées, les loups se mettent en chasse. Tu connais l’histoire ?! Plan d’épuration, de redressement, de surendettement… Au final, interdiction bancaire, ne t’imagines pas que cinq après tu seras blanc comme neige, les banques gardent en interne les infos qu’elles ont sur toi donc plus jamais de crédit. Dans les cas graves, si tu as de la chance tu pourras peut-être obtenir une faillite personnelle prononcée par la commission en ta faveur. Mais ne rêve pas ! Savais-tu que ton loyer n’est pas pris en compte dans le calcul des charges lorsque tu es en surendettement ? Alors que c’est la deuxième chose que te demandes ta banque à l’ouverture d’un crédit.
« Priez pour ne pas entrer en tentation. », Paroles du Seigneur. Amen.
La rédac de kenose.com
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