Savoir relativiser.
Une parenthèse avant d’écrire cette partie de notre journal intime. Géraldine, responsable client d’over-blog, nous a expliqué que lorsque l’on achète un nom de domaine, le nom de l’acheteur et ses coordonnées étaient obligatoirement lisibles. Il n’empêche que cela m’ennuie que quelqu’un ait voulu savoir qui j’étais et où je résidais. Le débat est clos ! Envoyez-moi une carte postale de Marie, ça me fera plaisir. Merci. Par ailleurs, je me suis un peu détaché des autres chroniqueurs de ce site et vais donc plus l’orienter sur ma vie et mes expériences. Sur le fond cela ne changera pas vraiment. Fin de la parenthèse. Hier, je suis allé boire un verre avec une jeune femme. Il ne s’agissait pas d’un rencard même si ça y ressemblait. Je rappelle au passage que j’ai fait vœux de chasteté jusqu’au mariage. Et, même s’il paraît, que je ne suis pas mal dans mon genre (ce n’est pas moi qui le dit), rien ne permet d’affirmer que je suis amené à me marier. Le message est passé une nouvelle fois Seigneur ! Mais que ce soit Ta volonté… Ce sont donc des considérations humaines flatteuses certes mais dont je n’ai que faire. Par contre, deux prêtres qui ne se connaissent pas m’ont tous les deux dit que j’avais une « très belle âme » avec une attention toute particulière qui m’avait d’ailleurs un peu gênée. Pourvu qu’ils ne se trompent pas. Revenons à notre histoire. Le courant est très facilement passé entre cette jeune femme et moi. Je sentais qu’un échange d’histoires douloureuses allait se produire durant cette rencontre et que chacun en ressortirait avec de nouvelles pistes de réflexion sur l’existence. Nous avions un point commun, nous étions tous deux dépressifs. Par contre, elle se sent malade alors que ma dépression je la vis comme un instinct de survie. (cf. article sur le sujet) Je n’ai donc pas de pulsion de me foutre en l’air de manière brutale. (Une énorme pensée pour les deux adolescentes corses qui se sont défénestrées et pour leurs familles.) Que la Sainte Vierge Marie m’en préserve. Elle était donc dépressive. C’est quelque chose que je vois au premier regard. Je lui dis une liste exhaustive de ce qu’on lui a prescrit. En plein dans le mille ! Connaître ce qu’elle prend me permet de savoir que je dois faire très attention pour ne pas éveiller sa susceptibilité. Elle commande un gin, très discrètement je surveille sa descente. Elle prend trop de cachets pour se permettre de boire plus d’un verre. Sa descente est très lente. Ouf ! Pour la mettre à son aise, je lui parle de mes dépenses compulsives, je lui parle de ma fatigue chronique, de mes 7 mois de maladie, de mes cures, de mon triste penchant pour l’alcool… Je sens son cœur s’ouvrir petit à petit, je lui inspire confiance. Ce que je ne savais pas c’était que mes problèmes n’étaient que des riens face aux siens. Sa vie n’est que douleur, décès sur décès, et ce qui m’a le plus brisé le cœur, c’est qu’elle a perdu son deuxième enfant à la naissance. Je l’écoute attentivement, je la laisse évacuer ce qui lui pèse. Je suis déjà en prière pour elle mais comme toujours je ne parle de religion que si l’on me pose une question. Je n’en fais pas une caractéristique ostentatoire de ma personnalité même si en réalité je ne pense et ne vit que pour cela. Toutefois, elle avait entendu parler de moi et attendait quelque chose de cette rencontre. Je suis un Enfant de Dieu, me dis-je. Face à moi, il y a un autre Enfant de la Promesse qui souffre et qui attend d’être consolé. Mais je ne vais pas lui parler de religion, ce serait trop déplacé. Alors à cet instant, elle me dit : « tu es catholique, je crois ? » Merci Seigneur ! Je sentais que la question était oratoire, j’attends une poignée de seconde, c’est elle qui veut me parler de religion. Elle voulait en réalité savoir ce qu’il en était de son enfant mort-né. Je lui fais un topo sur la décision de Benoît XVI de nier définitivement l’existence des limbes. Ce qui implique que son fils est auprès de Dieu. Je vois un sourire se dessiner. Elle continue à me parler de Foi. Elle me dit que la Foi vient à elle mais qu’elle refusera d’y répondre tant qu’elle n’ira pas mieux. Inutile de la brusquer, j’acquiesce même si je pense tout le contraire. Après deux heures et demi de discussion, je la ramène et me dis combien il faut savoir relativiser face à la souffrance. Je ne crois pas qu’il y ait de hiérarchie lorsque l’on parle de blessure psychique. On ne peut pas dire que telle douleur est plus forte ou moins forte qu’une autre… Mais ce qu’elle a vécu, j’aurais certainement été incapable de le vivre. Je salue son courage qui force réellement le respect ! Et pour l’anecdote, pour la première fois de ma vie, une jeune femme a vaincu mon machisme puisqu’elle a refusé que je paie la note. En réalité, je n’ai rien fait pour V. si ce n’est de l’écouter, c’est elle qui m’a consolé.
Ce soir, je recevrais le Sacrement adulte de la Confirmation de mon évêque Monseigneur Pontier ; demain j’ai demandé une messe d’intentions dans ma paroisse et bientôt je serai servant de messe. Et, si c’est dans le plan de Dieu, en septembre, je commencerais ma longue marche de quatre ans de théologie pour devenir diacre. Je vais prier, durant cette messe d’intentions, pour ma famille, mes proches, pour ceux à qui je n’ai pas encore trouvé la force de pardonner de vieilles crasses, pour toutes les personnes à qui j’ai répondues et que j’ai rencontrées depuis l’existence de kenose.com ainsi qu’aux milliers de personnes qui ont visité le blog. Je vous retrouve certainement mardi !
Sainte Vierge Marie, viens au secours de V. sa détresse est si grande. Intercède en ces jours de prières pour la Pentecôte auprès du Saint Esprit pour que V. sente grandir en elle l’Amour de la Sainte Trinité et ta Tendresse sans fin.
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