Les coquetteries de ma voisine du dessus me mettent dans lembarras.
J’habite un immeuble neuf, paisible, en plein centre ville de Marseille, près de Castellane, au carrefour de ce qui se fait de mieux dans cette ville. Mon immeuble est presque parfaitement insonorisé. Vous allez comprendre pourquoi je dis « presque ». Je suis insomniaque depuis de nombreuses années et ai appris à vivre avec parfois moins de deux heures d’un sommeil léger la nuit et une courte sieste dans la journée. J’ai arrêté les somnifères depuis longtemps car entre les molécules qui induisent le sommeil et ceux qui te maintiennent endormies, j’en étais à neuf produits par nuit et que pour quatre heures de sommeil. Le lendemain, j’avais la gueule de bois, ma mémoire était un gruyère surréaliste et ma libido fortement atteinte. En plus j’étais arrivé à un niveau confusionnel qui ne me permettait plus de distinguer si je rêvais ou si j’étais éveillé. Il était donc impératif de tout arrêter. Ma résistance aux somnifères est directement liée à mon passé de cocaïnomane alcoolique. Au moins, c’est dit ! Mais revenons à mon immeuble. Je peux jouer du flamenco à 3h00 du mat, personne ne viendra me voir car personne ne m’aura entendu, du moment que je ne danse pas en même temps. Par contre, si je joue de la basse à la même heure, mon voisin du dessous est certain de prendre de lourdes vibrations dans la gueule qui risquent de lui gâcher la nuit. Et il n’aura même pas la chance d’entendre les mélodies que je joue mais seulement des vibrations à lui faire exploser le plafond. C’est du vécu. Je suis allé le voir, le lendemain d’une grosse soirée en plein milieu de la semaine, pour lui demander ce qu’il avait entendu. J’étais très confus mais je vous l’ai dit, je suis soucieux de me comporter en homme juste malgré le nombre de mes défauts. Depuis, j’ai surélevé mes baffles et j’évite la basse pendant la nuit surtout si nous sommes plusieurs musiciens. Pour les bruits de pas, aucun problème puisque je me déplace comme un fantôme et puis j’ai des tapis un peu partout dans l’appart. Beaucoup de mes ami(e)s enlèvent volontiers leurs chaussures de peur de salir les tapis. Ce n’est pas une obligation mais j’apprécie le geste. Ma voisine, elle, a le pas lourd. En cela rien de grave si je dormais comme tout le monde puisque je ne m’en rendrais même pas compte. Seulement les insomniaques sont ultrasensibles aux bruits. Puis mon appart est ponctuée par les sons d’une cascade de 70 cm qui fonctionne 24h/24 et que j’apprécie plus particulièrement la nuit pour le son de l’eau qui me permets de me détendre un minimum au niveau cérébral. Je ne parle pas de mouvement zen car je n’aime pas les idées que véhicule ce terme dont on minimise le sens pour en faire un terme uniquement commercial. Demandez à une personne de vous parler du zen, du shintoïsme ou des différents courants du bouddhisme la plupart des gens ne savent pas de quoi il parle. Bref, il faut avoir une curiosité particulière pour les croyances de l’être humain pour pouvoir discerner les grands axes de ces croyances païennes. Je m’égare, pardon… Donc, jusque-là tout allait plutôt bien, j’endentais un clic-clac, que je qualifierai de bas de gamme et c’est un euphémisme mais j’imagine qu’elle ne peut pas s’offrir autre chose, s’ouvrir dans un vacarme d’une minute puis des bruits de pas deux ou trois fois dans la nuit et ses volets qu’elle ouvre entre 11h00 et midi. Je ne sais pas ce qu’elle fait dans la vie ça ne me regarde pas. Seulement depuis hier soir elle a fait venir son Jules. En-soi, je m’en fous mais les ébats amoureux sur le clic-clac en question ça fout en l’air la tranquillité de mon appart. Comme je vous le disais, je n’entends pas, Dieu merci, leurs cris de jouissance mais les chocs sur le clic-clac c’est un véritable supplice. Heureusement qu’ils ne courent que sur quatre cents mètres en une fois et non dans un marathon à plusieurs reprises sans quoi j’aurais été obligé de lui faire livrer gratuitement un nouveau lit. Quand je pense que je me suis fait l’écho de l’abstinence et que je dois vivre ça ! Bon, je retourne à mes livres, à mes écritures, à mon chapelet… que c’est bon d’entendre de nouveau le son magnifique de mon chez-moi. Le silence et la grâce de l’eau.
Dans la Paix du Christ. Fraternellement. A suivre…
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